Le dernier Tango à Paris

Ô gentilhommes, la vie est courte...Si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. /W. Shakespeare, Henry IV/

31 mai 2006

Le dilemme du prisonnier

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30 mai 2006

Croisement

Ils ont rêvé d'aimer aussi. Aujourd'hui ils sont entortillés dans les images du temps qui se fabrique, oscillent entres les navrures des clartés rebelles et les nuits pansantes; ils avancent à pas comptés dans la vie noire et oubliée.
Son manteau de chair flottant dans la sueur du vent, il porte aux lèvres sa mousse bouclée pour en arracher chaque goutte. Sa tête est au ciel, ses yeux sont pliés sur ses bleus. Il reste debout dans l'éternité du passage de deux mondes, l'oubli dans la moelle tombée sous le son du plomb. Il brandit son témoin et l'abandonne à son complice d'infortune qui avale avec vertiges. Sa tape vient se poser sur l'épaule du compagnon avant qu'il ne rejoigne la grande route. Il ne lui a pas donné un mot, un regard. La chaleur de sa main seule, et le souvenir partagé d'une amitié qui s'enfuit dans des gorges sans espoir.

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29 mai 2006

Les gendarmes et les voleurs

L'orage est pas loin et c'est un drôle de zigoto qui s'est adossé au grand mur près du carrefour. Cet échalas oisif aux airs d'Huggy les bons tuyaux sifflotte  entre les dents une imitation parodique de l'homme à l'harmonica. Une silhouette sort d'un nuage de poussière, c'est un flic. Transpirant, fatigué. Il esquisse un sourire, ravi de son échappatoire.
- Salut bonhomme
- Salut mon poulet
- Alors?
- Rien, ça va. Et toi?
- Rien, ça va.
5 belles minutes s'écoulent et les deux acteurs n'ont pas bougé d'un pouce. Puis une belle bagnole qui passe. Haute et noire, une Porsche Cayenne, je crois. Le genre de jouet à 130 000 Euros. Huggy commence un petit rire, puis s'esclaffe franchement.
- C'est n'importe quoi, vraiment n'importe quoi.
- Qu'est ce que t'as à rire comme un crétin toi encore?
- T'as vu le mec qui conduit? Je le connais
- Tu le connais, tu le connais...et alors?
- Porsche Cayenne! Je le connais je te dis, il a jamais rien branlé, il vit dans une cage d'escalier. Comment tu veux que je ne rigole pas franchement, la belle farce.
Le flic est exaspéré, il soupire. Il en a marre d'entendre les mêmes banalités.
- Et alors ça t'étonne?
- Ouais mec. Tout le monde vole, tout le monde connaît les voleurs, y'a qu'"eux" qui sont au courant de rien.
- Mais ça tout le monde le sait, que les gens savent.
- Et "eux" non? Ha ha ha!
- Comment ça "eux" non? Bien sûr qu'ils savent, et pour cause ils volent avec "eux".
- C'est ça le problème, on est d'accord mon poulet.
- Pfff...Allez, tu me fais perdre mon temps. J'y vais, j'ai du boulot.
- T'as raison, l'encourage Huggy. Et de rajouter, le doigt malicieusement pointé vers les gros nuages menaçants, file avant que ça pète.

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28 mai 2006

L'échappée belle

Nous ne cherchons pas de leçons, ni l'amère philosophie qu'on demande à la grandeur. Hors du soleil, des baisers et des parfums sauvages, tout nous paraît futile(...)J'y suis souvent allé avec ceux que j'aimais et je lisais sur leurs traits la clair sourire qu'y prenait le visage de l'amour. Ici, je laisse à d'autres l'ordre et la mesure. C'est le grand libertinage de la nature et de la mer qui m'accapare tout entier.
A. Camus, Noces

Et si tout est différent, rien n'a changé.
Des pentes, de la poussière et des bosses. Mais surtout des escaliers qui courent volent pour se jeter dans la mer alors que partout la nature triomphe de l'homme. Des hommes debout et splendides, comme des forteresses de fierté et de générosité imprenables; des rires complètement idiots acquis à l'esclaffement et au grotesque, à la dérision d'une école qui n'est que buissonnière.
Toutes ses fibres sont affinées par le vent et je suis bien le seul à me demander ce que cette cité pourrait devenir dans les siècles prochains: ici on a conscience de jouer une tragédie éternelle et l'on se gausse du reste. Alors tout devient désordre et sans fin, futilités et vie claire.
Je reviens de la charnelle et antique Icosium, sensuelle et sans suite; et bordel que c'est bon d'exister sous le soleil, de s'échapper d'un siècle civilisé, discipliné, féroce et sans plis.

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22 mai 2006

Les univers brisés

A C.

Ses airs mignards dodelinaient à l'arrière alors qu'elle ne retenait plus les feux de ses cheveux rebelles et roux affolés par le vent. La voiture filait dans la nuit, elle se lovait avec langueur sur le cuir, fatiguée, complètement muette.
Par flashs, apparaissaient dans ses yeux mi-clos des traces de phares de quelques engins déplacés plus loin sur le dos de la route. Elle saisissait des bribes de voix reposées et apaisées par l'obscurité, comme des points d'escorte vers l'horizon attendu. La voix grave et virile de son amant portant chemise rose intervenait peu, et elle paraîssait presque se contenter de l'essentiel en ouvrant ou fermant des sujets entretenus par celui qu'elle avait avec affection baptisé le clown.
Ses songes s'interrompaient des fragrances de Vétiver et des noms de lieux fantastiques à connaître un jour. Les airs entendus et les silences complices, les bons mots, les rires pleins et chauds. Des histoires louches lues dans les journaux et dont elle voyait  maintenant les nouveaux ressorts.
Francis le belge, Jacky le mat...Nice, Marseille...les affaires...
La fatigue avançant, elle s'enroula dans les couleurs chaudes des souvenirs de la veille. Des coulées de champagne sur ses reins nus et du plaisir escaladé comme jamais. Les mains d'adulte sur son sexe brûlant, les mots interdits d'un coup libérés, les frissons nouveaux.
Elle se dit qu'il était peut-être de la mafia, son beau brun; et à cette pensée c'est une décharge de plaisir qui vint lui saisir le ventre à la vitesse du sang.
Et alors? s'amusa-t'elle excitée tandis que le sourire de ses 18 ans émerveillés venait anéantir cette pensée abandonnée à la vitre de ses rêves.

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19 mai 2006

La question

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18 mai 2006

Ces bulles de silence

Mon cher fournisseur d'accès ayant des sautes d'humeur procéduriales saugrenues et incompréhensibles d'un strict point de vue humain, j'en suis ces derniers jours à traquer tard dans la nuit des traces des signaux wi-fi qui se seraient accrochés généreusement dans le ciel de mon voisinage chiche et pingre d'un quinzième arrondissement plus con et petit-bourgeois que jamais.

Nulle panique pour autant. Je reviens très rapidement et en attendant vous embrasse sur la bouche, p'tites cochonnes et p'tits poulets dépravés chéris.

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15 mai 2006

Petite annonce

J'achète une table de salle à manger. Une belle aux formes nobles, pratique et confortable. Le modèle serait un peu du genre Le facteur sonne toujours 2 fois. C'est que je m'applique à prendre soin de mes invitées dorénavant.

Non sérieux s'abstenir.

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En avoir ou pas

Je l'ai bien battu ce rogue en barrique. Anéanti en quelques tournures allègres. L'assistance était heureuse avant que je ne la congédie à son tour. Il s'agit quand même de préserver une certaine distance critique et élégante par rapport à la vermine spectatrice et jouisseuse. On a la classe ou pas. 

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08 mai 2006

Le baiser du printemps

J'ai eu la tête pleine de vous aujourd'hui.
Les cotons du printemps sans doute, voltigeant sur les berges déroulées de Paname; ces cotons qui au final auront mis au grand air les jeunes accortes et les piquantes folâtres.
Peu de choses.
C'était à chaque fois vous que je trouvais dans chaque épi de charme aperçu, dans chaque pli molaire des robes à fleurs, légères, légères...
Des pensées de vos ardeurs ingénues et rosissantes je me suis nourri à l'envie, sans compter ni les minutes ni les froides amertumes de vos éloignements.
Et puis, l'inspiration battante, je suis allé trouver dans la brise du jour certains de vos sels subtils,
Et là-bas près d'un anneau, j'ai plissé et dispersé mes yeux dans les dessins de quelques nuages innocents et amusés.

Posté par arslan à 22:09 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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