29 juin 2006
La société du commentaire
Hi Irv, I don't know what you were thinking here dude! You got a pretty
model (altho kind of old), but you have caught her with her eyes cloes
in a not very good pose. Biggest problem is YOU NEED CROP to a
vertical!!!!! Backdrop is too small and there is not enough of a sweep
so you can see the crease. If you send me a file I can fix it in
Photoshop and I can give you my suggested crop. If you don't care
aboout your PROFESSIONALISM you are never going to get work as a pro
believe me!!! Hope I am not being too harsh. Oh well best regards
anyway, M.H.
Lu sur l'excellent post de l'excellent blog que voici qui grouille de perles du même ordre que cette harangue sans complexe adressée à Irving Penn. Allez-y c'est hilarant comme des coups d'épée donnés de bas en haut.
Le commentaire est rarement neutre. Prononcé à l'occasion d'un vernissage mondain (existe-t'il d'ailleurs des vernissages qui ne le soient pas) ou expiré d'un air profond et faussement initié par une douairière au musée devant un grouillement de personnages de Jérôme Bosch par exemple, il importe peu et au pire l'on va s'envoyer une nouvelle flûte au fond de la gorge avant de faire 2 pas de côté et ça clôturera l'insupportable. Rien de grave, ça fait partie d'un bourdonnement crétin du monde qui ne cessera pas, résignons-nous.
A un dîner c'est déjà plus compliqué. Les commentaires sur telle ou telle merde cinématographique avec forces démonstrations d'enthousiasme de votre belle-soeur devant tel opus de la guerre des étoiles ou telle comédie grivoise c'est déjà un peu plus compliqué. Vous bouffez votre viande en silence avec les tempes néanmoins prêtes à eclater ou vous vous levez pour passer un coup de fil qui vous signifiera que pour des raisons professionnelles-vraiment déplacées un dimanche mais cependant impératives- vous êtes au très grand regret de quitter vos commensaux. Vous avez l'habitude.
Ca se gâte quand même avec vos meilleurs amis s'il vous en reste ou dans le cadre de vos activités professionnelles et obligatoires. Toujours un crétin pour vous ressortir in-extenso la critique télérama ou télé 7 jours d'une oeuvre qu'il n'a pas lue ou vue. Il a lu le commentaire par contre. Il a d'ailleurs lu tous les commentaires. De Marx à Heidegger en passant par Bakounine et Francis Ponge, Paul Valet et Naguib Mahfouz, Mishima évidemment et Nabokov. Il sait exactement quoi penser grâce aux commentaires et aussi quelques citations compulsées en édition bon marché. J'appelle ça la culture de l'anal en référence à cet étudiant transpirant laborieux qu'il n'a jamais cessé d'être et vous me pardonnerez cette facilité.
D'ailleurs ça concerne aussi le sport, la politique, le monde économique, le monde tout court. Rabachage sans génie et continu de quelques vérités entendues et entretenues par quelques canaux appellés à recycler pour faire du fric, toujours du fric.
Mais là vous n'y pouvez rien. Vous subissez. Vous prenez sur vous en bon civilisé qu'on a achevé de domestiquer. Vous ne mordrez rien ni personne pour ça. C'est ainsi.
Reste le commentaire Internet. Et je ne parle pas de la lumière qui nourrit le poëte de ses feux (merci à tous les fidèles qui trainent ici) mais du commentaire idiot et sans richesse, celui qui ressemble à celui retranscrit en début de ce post. Celui qui assène quelques vérités sorties tout fraîchement de google et qui les assaisonne de sagesse éternelle pour donner l'impression de maitriser son sujet. Celui qui ne comprend goutte mais qui s'y perd. Celui qui s'épargne l'humour et l'auto-dérision. Celui qui refuse enfin l'esprit critique.
Je ne vais pas vous donner d'exemple, vous en avez à profusions au bout du clic.
Tellement que j'en arrive à craindre que ces spéciosités ne finissent par influer sur l'originalité même des auteurs qui vont se retrouver pressés d'évidences et comme obligés de céder aux suppliques et aux ovations pour garder quelques lecteurs à aligner sur les histogrammes.
Que je vous rassure: mon caractère de chien n'a pas l'intention de déménager et vous allez continuer à commenter n'importe quoi n'importe comment en y mettant de plus en plus d'esprit. Ca ne nous mènera nulle part sauf accident mais c'est de plus en plus nécessaire.
28 juin 2006
Résolutions
Renoncer aux fausses résignations, à l'ambiguïté mélancolique triste et belle des amours suspendues.
Voilà ce qui conviendrait.
S'échapper enfin des attractions lourdes pour redonner des souffles à l'envie, de l'espoir aux espérances.
Je pense le décor toutes saccades claquées au ras du coeur: un air champagne dans des salons à flambeaux;
il suffira de dire les bons mots, laisser reposer ce regard lourd qui la ramènera sûrement, tendre la main à l'instant précis.
Et je ne parlerai point du passé, jamais.
Je n'emploierai pas le conditionnel, vraiment pas.
Je n'exprimerai aucun reproche, pas un.
Je trahirai toutes mes bêtes hésitations, toutes en même temps et superbement abandonnées.
Comment resisterait-elle après ces simplicités?
De cette fenêtre, tout vient me dire qu'il serait temps, des années plus tard.
Temps d'envoyer promener ces mondes chauds et remuants de toutes les façons brouillés à son ombre unique à l'air calme.
De congédier irrémédiablement et définitivement les reculs entêtés de mon avenir évident.
Si jamais j'en avais le courage.
La grande récréation
22 juin 2006
Le style et les persistances mémorielles
On the way donwtown I stopped at a bar and had a couple of double Scotches. They didn't do me any good. All they did was make me think of Silver-wig, and I never saw her again.
The big sleep, Raymond Chandler.
Ca fait maintenant 8 ans d'explorations jour pour jour: stériles ou fécondes, selon ce qui reste à parcourir.
19 juin 2006
23 voilà l'équipe de france
C'est le moment de se débarasser de ses actions TF1.
16 juin 2006
Raymond Devos 1923-2006
J'ai le pied gauche qui est jaloux du pied droit. Quand j'avance le
pied droit, le pied gauche, qui ne veut pas rester en arrière passe
devant, le pied droit en fait autant… et moi… comme un imbécile je
marche.
Il buvait toutes mes paroles, et comme je parlais beaucoup, à un moment, je le vois qui titubait.
Je n'aime pas être chez moi. A tel point que lorsque je vais chez
quelqu'un et qu'il me dit : "Vous êtes ici chez vous", je rentre chez
moi.
15 juin 2006
Qui gagne?
Ni les français ni les suisses, pas foutus de se démerder avec une balle. Ni vous ni moi non plus, pas vraiment formatés pour ce genre de gains. Par contre...
Mardi dernier, 14,7 millions de gugusses regardaient TF1 entre 18 et 20h.... (Environ 70% de parts de marché).
On comprend pourquoi l'on parle plus de risque commercial que sportif si les bleus venaient à se planter.
Allez, vivement qu'ils se plantent nos conquérants et miséreux proselytes du rasoir et du téléphone portable.
14 juin 2006
La coupe du monde 2006 pour les nuls
Happés par d'autres préoccupations, vitcimes d'un odieux chantage marital ou simplement indifférents au sort d'une balle baladée de pieds en pieds, réjouissez-vous, voici tout ce qu'on peut dire en quelques lignes au sujet de cette première semaine.
La compétition aura débuté sur un rythme lent: pas sûr que nous retiendrons grand chose d'une inauguration grotesque, hip-hop et culottes de Bavière, à-peine égayée de la présence des légendes du ballon rond encore vivantes, sorties de leur chaise roulante et visiblement ravies de s'échapper le temps d'une sauterie.
La suite sera plus convaincante. Les allemands n'auront surpris personne en organisant parfaitement et au détail près, les matchs, l'accueil, les transferts des personnes, les moyens journalistiques, avec pour effet direct de remplir tous les stades à tous les matchs.
Stades exceptionnels - à faire passer le stade de france pour une noire et humide cathédrale médiévale de province- à la pointe de la prouesse architecturale. Archi-beaux et fonctionnels, conçus comme des véritables temples et financés sur des fonds mixtes, publics et privés. Parmi tous, mon préféré est le stade olympique de Berlin, historique s'il en est puisque c'est ici que le Fuhrer s'est levé pour ne pas voir Jesse Owens accabler la race aryenne supérieure. Ce stade a réussi à conserver la monumentale vision de postérité d'une Leni Riefenstahl et à se débarasser des connotations les plus polémiques pour se compléter de subtiles et indispensables touches de lumières et de modernité.
C'est dans ce stade que s'est produit le Brésil hier soir. Sans convaincre mais sans frayeurs non plus, l'équipe numéro 1, s'est surtout illustrée par sa joie de vivre ensemble et ses virtuosités individuelles, à défaut d'un véritable travail tactique et collectif digne d'une légende qu'il prétend incarner à juste titre.
Dans le même registre, Angleterre, Pays-Bas, Argentine, Portugal auront aussi passé leur entrée sans danseuses, ni clairons et trompettes, se contentant de gagner, sans art et sans âme.
C'est toujours mieux que la Suède, la Pologne, la Serbie, les Etats-unis complètement passés à côté de leur sujet ou encore des équipes africaines dont on savait qu'elles étaient faibles au départ. Ah Nigéria, Cameroun et Algérie du passé! Ou etes-vous! On accordera quand même le bénéfice du doute à la Côte-d'Ivoire qui a montré de belles choses.
Auront fourni la plus positive impression la République Tchèque et l'Italie (qui jouent dans le même groupe) et à un degré moindre l'Allemagne qui aura à gérer néanmoins une défense-passoire digne des armées de france version 1940, dixit Baltha.
Ah la France...la France... je dirais de façon nette que c'est de loin l'équipe la plus antipathique du tournoi et que c'est là son problème. Tout le monde s'échine à expliquer les mauvaises prestations du onze tricolore par des schémas de jeu contestables, des individualités défaillantes, des conditions physiques pas au top. Conneries sur conneries. Il y'a un malaise grave à l'intérieur de cette équipe, craintive, angoissée, jamais à la joie et repliée sur elle-même. Des concurrences (qui c'est qui aura la plus grosse? qui gagnera le plus de sous? ) malsaines et pas gérées. Cette équipe est morte de son mauvais caractère et je ne vais pas la pleurer.
Il est certes vrai que Zidane n'est que son ombre mais que dire de Ronaldo alors. Qu'il est Brésilien et qu'il va y arriver par le sourire et le soutien de ses fabuleux coéquipiers. Et qu'on a aussi espoir que Van Niestelrooy, Cristiano Ronaldo, Lehmann, Riquelme et Owen vont se réveiller pour faire une grande coupe.
Qu'ils vont se mettre au niveau des Klose, Drogba, Crespo, Nedved, Pirlo, Rosicky et Luca Toni l'étonnante révélation d'un gars de 29 ans qui l'année dernière jouait encore en deuxième division italienne.
Voilà. Il ne reste maintenant plus qu'à attendre des beaux matchs. Parce qu'à l'exception d'Italie-Ghana et d'Argentine-Côte d'Ivoire, qu'est-ce qu'ils étaient chiants les matchs de cette première semaine.
Colleen Graffy & Gitmo
Je reproduis ici la lettre ouverte d'un américain à Colleen Graffy, chargée de la diplomatie publique au département d'Etat et qui avait qualifié, dans la droite lignée des grands cyniques du pentagone, le suicide des 3 personnes à Guantanamo de "coup de pub pour attirer l'attention". Cette lettre avait atteri quelque part dans mes commentaires et j'ai tout de suite jugé qu'elle serait ici à sa place.
O: Colleen.Graffy@pepperdine.edu
Dear Ms. Graffy:
I am
writing to you to remark upon the incredibly ignorant statement you
made regarding the three recent suicides at Gitmo. The lack of
knowledge about the causes of suicide which you demonstrated in your
profoundly stupid remarks leaves me breathless for the sheer lack of
understanding of an issue which is the 11th leading cause of death
among Americans. (Anderson RN, Smith BL. Deaths: leading causes for
2001. National Vital Statistics Report 2003;52(9):1-86.), not to
mention what incarceration without hope of release for charges unknown
must do to a person. How would you like to be locked up without any
knowledge of charges against you, in a land not your own, without any
sense whether or not you would ever leave alive? Perhaps you should try
it.
Annual rates of suicide in this country are over 30,000 per
year, more than 650,000 Americans are hospitalized each year following
suicide attempts, and over 116,000 are treated in hospital emergency
departments for same. Among US males, suicide is the 8th leading cause
of death for all US men and males are four more times likely to die
from suicide than females. And this is not even beginning to quote
numbers related to female and teen deaths. But don't take it from me,
Ms. Graffy, check out the website of one of your fellow-governmental
agencies, the CDC--that's the Centers for Disease Control in case you
had failed to note its existence-- http://www.cdc.gov/ncipc/factsheets/suifacts.htm
. There you will see a tidy introduction to a subject in which you are
woefully ignorant and which all your degrees have obviously not
prepared you to understand or speak about.
I come from a family
which, in the last one hundred years, has experienced over a dozen
suicides in its ranks. So, yeh, I tend to be rather sensitive to the
issue. We are what you would call patriotic Americans, as a whole, and
have done more than our share to contribute to the life of the nation
in ways very big and small. To see you liken suicide as an act of
warfare against the US would be funny if it were not so cruel and
unfeeling. But then, cruel and unfeeling is probably how you have risen
to the position you presently enjoy at State.
Do us all a favor,
Ms. Graffy, and shut your mouth about subjects for which you are
woefully under-qualified and under-experienced to comment. Step outside
of your fishbowl of an office and limited circle of acquaintances, take
a drive sometime and see the world beyond the Beltway. Touch base with
reality. You are in many ways as imprisoned as the people you are
verbally abusing at Gitmo.
Very Truly Yours,
Robert Pell-deChame
12 juin 2006
En finir avec Guantanamo
Depuis 2002, ils ont été à 45 essayer. 3 y sont finalement arrivés. Pendus dans la nuit de vendredi à l'aide de leurs draps et vêtements. 2 saoudiens et 2 yéménites qui n'étaient plus que des chiens depuis 4 ans ont réussi à se soustraire aux traitements de leurs geôliers et à attirer un peu plus l'attention sur l'infamie absolue du camp de Guantanamo.
Et même s'il n'est pas sûr qu'ils y arrivent, ils poussent les officiels américains dans les derniers retranchements de leur tragique charabia:Colleen Graffy, officielle en charge de la diplomatie (sic) publique au département d'Etat, parle d'un coup de pub pour attirer l'attention. Le contre-amiral Harry Harris est plus radical encore, il parle d'un acte de guerre asymétrique. D'un quoi?
Bizzarement et pour une fois, j'ai trouvé l'éditorial du Monde si ce n'est à contre-courant, en avance sur les opinions avisées qu'on peut entendre ici ou là, au cours de dîners mondains, sur les ondes ou les blogs, au bistrot. Il invite les dirigeants européens et français à suivre l'exemple d'Angela Merkel, et c'est vrai qu'elle en a des couilles, elle, et à ne plus aborder une réunion de haut niveau avec les Américains sans exiger le retour de Guantanamo dans le périmètre du droit international et de la responsabilité éthique des gouvernants devant leurs électeurs.



