30 août 2006
Ballons, balles et rebonds. L'essentiel et l'insignifiant.
Gros seins mais gros culs aussi. Les anglaises (population qui sera à 60% en excès de poids dés 2010) ont insolemment installé leur malbouffe dans tous leurs compartiments alors que le mâle local (population qui sera à 70 % en excès de poids dés 2010) lui, s'efface, subit sans broncher entre 2 tournées au pub. Rien de nouveau outre-manche, il pleut toujours autant et l'oeil rodé observe vite qu'au delà des apparences d'une Britannia prospère et euphorique, les restes d'une impériale et lamentable civilisation victorienne sont plus durs et corsetiers que jamais.
Pour preuve cette remarquable tartufferie sportive et télévisée en plusieurs parties qui tient en haleine une île et quelques centaines d'autres millions de personnes mais qui passe largement inaperçue sur le continent. Là- bas, pas une discussion, pas un journal télévisé qui ne s'ouvre là-dessus et ne délire en analyses plus sophistiquées les unes que les autres. A ce sujet, les plus brillants esprits et les pensées les plus obscurantistes s'escriment avec moults convictions au premier comptoir venu pour statuer définitivement et irrévocablement sur ce qui constitue l'événement de l'été, de l'année peut-être. Et c'est maintenant au moment de vous décrire les faits que je vais certainement vous décevoir. Quoi! Un match de Cricket! Allez! Encore une affaire Zidane! Il n'y aurait rien de plus impérieux, Cassandre, comme péripéties de l'infinie connerie humaine pour que vous ne reveniez nous casser les couilles avec ça, etc. Je vous entends déjà. Mais justement, damoiseaux et damoiselles, justement. La tragédie n'est pas seulement sur les champs de bataille mais aussi sur les gradins qu'on bourre de spectateurs qu'on occupe à regarder ailleurs. Ce qui je crois cadre parfaitement avec le propos de ce blog.
Bon, revenons maintenant à nos histoires. Le Pakistan était il y'a 15 jours en tournée sportive au Royaume-uni pour une série de matchs principalement générateurs de gros revenus et permettant subsidiairement de départager à l'instant T les 2 meilleurs équipes de ce sport certes très curieux mais largement populaire dans tout le commonwealth, presque l'égal du football c'est pour dire.
C'est au quatrième match, que le cricket was plunged into the worst crisis in its history (The Guardian) alors que l'arbitre australien M. Hair aujourd'hui célébrité absolue a infligé de son seul gré une pénalité à l'équipe pakistanaise laissant les caméras vidéos chercher désespérement les causes du sévère verdict. Le capitaine Pakistanais Inzamam Ul-Haq aurait sciemment truqué la balle. Shocking britannique de rigueur et fureur pakistanaise ne demandaient que ça. Brouhaha terrible. L'équipe basanée retourne dans les vestiaires et n'en sort plus pendant de longues minutes et lorsqu'elle décide de revenir, M. Hair décide, toujours de manière discrétionnaire, que c'est trop tard et que les pakistanais n'ont plus qu'à aller se doucher maintenant.
Bronca, sifflets, stupeur, vertiges, on jette les consensuels Earl Grey et on s'engueule.
M. Hair n'en est pas à sa première, c'est un deuxième Adolf Hitler protestent les pakistanais qui il est vrai avaient sérieusement et officiellement émis de solides réserves avant la confrontation. Et puis M. Hair n'en est pas à sa première originalité: quelques antécédents fumeux et fameux l'ont catalogué depuis longtemps comme anti-asiatique rappellent les commentateurs sportifs. La télé montre les rues de Karachi déchainées, l'incident diplomatique est difficilement évité entre la puissance de l'empire et son rejeton revanchard et nucléarisé (c'est toute la différence, je vous le dis en passant, entre le Pakistan et les autres pays de la région soumis et condamnés aux caprices des "grands" de ce monde). La littérature abonde et les salives sont presque desséchées du côté de la Tamise.
Une semaine passe et la fureur gronde toujours. Et puis ce week-end l'affaire prend un autre virage qui vient perturber encore un peu plus les rares brushings encore en place: la fédération de Cricket publie les emails envoyés par M. Hair qui demande la bagatelle de 500 000$ pour se retirer de l'affaire. Et les mails suivants où voyant l'affaire prendre un tournant racial insuffisamment anticipé, M. Hair se rétracte et fait savoir qu'il se réserve encore le droit à la réflexion et ne définit pas la somme qu'il entend demander.
Et voilà que depuis mardi matin, j'ai la BBC qui éructe dans mon salon en quasi-continu, à peine interrompue par Lionel.
Putain, reviens Lionel. Reviens.
25 août 2006
Les grasses
Mon retour n'étant pas annoncé avant le début de semaine prochaine, je poste ceci entre deux odyssées dans le grand air, la vie, la vraie.
Crédit photographique: L'incroyable Monsieur Spock, a.k.a Léonard Nimoy.
16 août 2006
La nuit patiemment
De mes oscillations continues entre l'état éthéré et bien louche d'être superbement civilisé et à bord du progrès, bon père distingué et affable, et l'autre, le sauvage virevoltant et fracassant comme un énorme éclat de rire à la face tragique du monde compromis, il n'y a évidemment rien à choisir. Je serai une sythèse parfaite, ou plus sérieusement un essai de synthèse parfaite et pas grand chose d'autre.
En lettres ou au cinéma, la deuxième pièce est infiniment plus prometteuse (il n'y a pas de bonne littérature avec de bons sentiments, etc.). Problème. Je me rends compte que mes pulsions dépendent aussi de ça, de cette espèce de mouvement de ce que j'appellerai mon antenne du mauvais sentiment. De ce préalable à la littérature donc. Et c'est pas que des prétextes.
Ce soir en rentrant d'un dîner je me suis arreté devant quelques batiments du 17ème siècle. L'air était apaisé, les flaques encore nettes, les rues neuves pleines de jouvences. Puis je me suis figé quelques minutes devant une batisse remarquablement éclairée et propice à tous mes rêves de chanteur Rock que je serai un jour.
- Regarde mec, je me vois bien investir les lieux.
- Ah.
- Non?
- Si. Viens, on avance.
Mais si attends, regarde. Un peu d'imagination bordel. Ecoute, tu entends Mozart? Ha, tu vois.
Eh bien, je serais accompagné tous les soirs d'une créature toujours plus belle, et je claquerais du talon tel le Kaiser de je ne sais quelle contrée inabordable. Je porterais des étoffes rares et des bottes méphistophéliques.
Et tu sais quoi? je mettrais aussi une cubaine à l'entrée. Cette mulâtresse serait d'un genre des moins recommendables. Chevelure crépue et sale, jupe à ras du bonbon et bas filés. Elle traînerait un sac qui l'aura pas quittée depuis les trottoirs de La Havane et fumerait le cigare avec une vulgarité consommée de péripatéticienne finissante mais patentée.
Tous les soirs elle attendrait mon passage et m'alpaguerait de la seule phrase de français qu'elle connaît:
Dis beau blond, tu montes?, etc.
- T'es vraiment un malade.
- Bon. Je crois mon ami que tu ne comprends rien.
Petite pause en ma bonne ville de Paris. Je repars samedi. Vais essayer de distiller
quelques billets vite faits bien faits d'ici là. Et vous les vacances,
c'est comment?
14 août 2006
Lumière d'été
Au réveil, toute l'aube est en vous. Les harpes du vent retiennent encore un peu la compagnie des enchantements nocturnes et vous vous réveillez doucement; la grande et sauvage nature se déroule à portée de pieds, sans rien ni personne autour.
Il y'a juste vous et vous-même. Vous-même, ce beau voleur nu qui sans relâche vous dupe et vous vole.


