Le dernier Tango à Paris

Ô gentilhommes, la vie est courte...Si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. /W. Shakespeare, Henry IV/

20 octobre 2006

A lire et à faire

Plutôt que de vous ruer sur les étals de médiocrité nourris au crétinisme raide invraisemblable d'un Florian Zeller ou à la contemporanéité d'une pseudo-littérature américaine barrée d'ingrédients à faire vendre et que vous oublierez aussi vite que vous aurez fini de lire, tournez-vous vers l'ailleurs et vers d'autres temps. Je vous assure que les jouissances attendues sont d'une autre intensité.

Certes il y a les sonnets luxurieux de l'Arétin et les débauches définitives de Sade qui courent joyeusement dans le commerce mais il y'a encore d'autres choses indispensables à l'édification (sic) de nos jeunesses prometteuses et qu'on aura grand mal à retrouver si nous ne faisons pas partie de ces quelques chercheurs et universitaires privilégiés admis à l'entrée.
Ibn Foulayta par exemple, dont le nom complet est Ahmed ibn Mohammed ibn Ali Abûl-Abbas Chihab-Ud-Din Ibn Foulayta Al-Hakami Al-Yamani, qui vécut au 14ème siècle, est l'auteur d'oeuvres érotologiques indispensables qui dorment d'un sommeil bien injuste dans les placards de la Bibliothèque Nationale.
Dans son Guide de l'éveillé pour la fréquentation du Bien-aimé, On peut y lire les choses suivantes:
Propos de cavalerie
Parmi les femmes qui n'ont pas beaucoup de succès, l'inerte et lourde qui, lorsque son partenaire déplace un de ses membres, ne fait aucun effort pour l'aider.
Cette rigidité et ce manque de souplesse empêchent l'homme de lui soulever les jambes et la buriner convenablement.
...
L'homme marque une préférence pour les femmes dont les membres sont souples lors du rapport charnel. Cette agilite rend les mouvements de la femme plus graciles. Au moindre signe de son partenaire, elle comprend rapidement ce qu'il faut faire et adopte la position souhaitée par son partenaire.
Badinage après badigeonnage
L'extrême séduction chez la femme c'est: jouer de la finesse des propos, s'aplatir, s'alanguir, cligner des yeux, lancer des oeillades, montrer un certain agacement même s'il n'y a aucune raison, faire la souffrante sans qu'il y ait affection, prendre une voix suave et moelleuse lors d'une discussion avec son partenaire pour ne lui dire que ce qu'il a envie d'entendre, élever une voix plaintive accompagnée d'un son de voix mélodieux.
...
Et tout cela participe au paroxysme de l'acte sexuel qui stimule l'homme à revenir vers sa partenaire. Particulièrement si la femme s'est libérée de sa pudeur et s'est autorisée quelques obscénités dans son langage, libertinage, ou vice.

On peut aussi trouver d'autre passages titrés Trou sidéral, Pluie précipitée n'arrose que moyennement, Des mérites des belles esclaves, La ruse des femmes, La méchanceté des matrones, et aussi Cris, bruits, grognements, charivari.
Me consulter pour plus de détails.

Les extraits cités sont tirés de Le Kama-Sutra arabe : Deux mille ans de littérature érotique en Orient, Ed. Pauvert, 2006.

Posté par arslan à 10:02 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


Commentaires

Pierre Louÿs, Sade, Ibn Fatouta, nous sommes cousins, sinon frères, cousin ! (Les sonnets de Pierre Louÿs)

Posté par piotrevski, 20 octobre 2006 à 12:35

Oui-da

Absolument.
Nous sommes pour le mouvement harmonieux de toutes les vérités.

Posté par cassandre, 20 octobre 2006 à 17:18

FATUITE DE CRYSTAL

"Nous" pfffff!!!! Cassandre, tu ne dis jamais ce que tu penses, toi, de telle ou telle lecture !

Simple et efficace : Sexy avenue.com, sur la mécanique des sexes! Quant aux corps qui ne connaissent pas leur propre peau .... qu'ils se déniaisent et expérimentent, basta!
je ne vois pas l'utile secours d'une savante "erotologie".

En revanche s'il y a dislocation entre égarement du corps, de l'esprit et du coeur, il y a bien toute une production artistique qui interroge à ce propos tant érotisme et pornographie sont confondus dans une abyssale et desséchante exhibition de l'intime, quand ce n'est pas "désir" et "amour" qui sont pris l'un pour l'autre !

La coïncidence des genres qui conduit à l'euphorie sensuelle, émotionnelle voire spirituelle n'a rien d'exceptionnel mais elle pose question et elle sous-tend tout ce qu'on peut lire ici ou là, du seul fait des craintes, des incapacités propres à SENTIR, VOIR, ENTENDRE.

Moi, ce qui me stupéfie c'est que l'on soit à ce point submergés d'images que l'on en devient aveugles ! Et qu'il faille fermer les yeux, la bouche et les oreilles pour au moins se retrouver soi-même .

Posté par aa, 21 octobre 2006 à 12:59

Qui veut un point de vue femelle?

Edifiant en effet... Vive les femmes libérées aux moeurs légères, mais conciliantes quand même. De la littérature de mâle, pour les mâles. J'en conclus que seuls les hommes entre eux peuvent s'entendre dans cette affaire...
Et les femmes entre elles. Donc pour ma part, n'étant auprès des hommes, jusque récemment, pas une fille facile, mais conciliante quand même, je vire ma cutille et prône désormais la confusion des genres.
Cherche volontaire(s) (féminines bien sûr)

Posté par Clytemnestre, 22 octobre 2006 à 00:42

Pfffuuu

Mais ils vous aiment les hommes, bande d'idiotes renversantes.

Et si l'érotologie des magazines féminins supporte mal le talent poétique, elle est bien de son époque et vraiment pas du 14eme siècle.
Quant à la posture "Tous des salauds", c'est pas trop crédible, hein.

Posté par cassandre, 22 octobre 2006 à 10:38

Moi j'irai même plus loin, je cherche un Jauffré Ruddel. Un amoureux de l'amour. Les troubadours savaient chauffer la dame au 12 eme siècle.

Et puis bien sûr qu'on vous aime les gars. Enfin, moi je vous aime. Sinon je ne vous écrirais pas tant de vers cochons...

Posté par Chris, 22 octobre 2006 à 15:40

..il y a bien des jouissances lièes à la QUALITE d'une relation ..Les natures les plus sensuelles parlent d'abord du corps, heureusement d'ailleurs même si cela peut surprendre, quel mortel ennui ce serait sans la gaité et l'enthousiasme à l'amour ..

Tu avais dit une phrase très juste, Cassandre :
"de la compréhension et de la confiance, j'allais dire de l'amour, indissociables de l'expérience et du temps"

Posté par aa, 22 octobre 2006 à 17:40

La chatte est morte !

Cher Arslan, les vérités m'intéressent moins que l'imperfection pour y parvenir peut-être.

Posté par piotrevski, 23 octobre 2006 à 14:56

N'arrete surtout pas Chris

Je n'ai cité que des extraits aa, ce qui devrait normalement être suffisant pour ne pas faire présumer de la globalité du propos de l'auteur.

La chatte est morte et vive la chatte.
(Mais ou est-elle alors?)

Posté par cassandre, 23 octobre 2006 à 17:07

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