Le dernier Tango à Paris

Ô gentilhommes, la vie est courte...Si nous vivons, nous vivons pour marcher sur la tête des rois. /W. Shakespeare, Henry IV/

17 janvier 2007

Les pires films subis en 2006

Pris dans mes affaires, j'ai pas eu beaucoup de temps pour finir ma rétrospective cinéma 2006.
Mes confuses... et que je vous en délivre le fin mot sans plus tarder. Voici donc le top 3 des merdes.

Borat
Un reporter prétendu Kazakh est envoyé aux Etats-Unis pour y tourner un reportage. Voilà ce qui sert de prétexte à Sacha Baron Cohen pour commettre une grasse collection qui ferait passer du Max Pecas pour le comble du comique intelligent; et en effet, ce film accumule les gags façon jackass et vraiment rien de plus.
Si vous avez ri à ce film, lâchez immédiatement ce blog et rentrez en analyse en espérant qu'il ne soit pas trop tard.

Little Miss sunshine
"Drôlissime", dit Télérama. Le film culte du parfait bo-bo. Vous savez, celui qui se croit au dessus de la mêlée parce qu'il ne regarde pas la une ("c'est pour les beaufs!") mais préfère les séries standard étherisées de la 6, quitte à passer tous ses déjeuners à la cantine à bouffer sa soupe, commentant la vie de Doug, Kimberley et Jennifer (je sais pas pour les prénoms, j'improvise et ça doit être du même acabit).
Ce petit con qu'on reconnait en soirée, parce qu'il est habillé en treillis et affalé sur un canapé en posture du rebelle qui fume son joint et qui voterait bien pour un alliage Ségozy si seulement c'était possible. Sur la platine y'a Air, Vincent Delerm, de la Lounge. Sa gonzesse est à la cuisine et sort les Picard du four; elle est habillée de son meilleur Zara. Ce soir ils reçoivent Stéphanie et Laurent, "super sympas", "en fait", qu'ils ont connu à Saint-Domingue, meilleur compromis loin-pas cher. Ils vont parler des banlieues, "mais est-ce que tu te rends compte". Et rabacher les pires stéréotypes formatés Figaro ou nouvel Obs, sans jamais qu'on comprenne ni comment ni pourquoi ils parlent comme ça.
Ce film c'est la famille Bidochon en Amérique avec le tonton homosexuel spécialiste de Proust ( et pourquoi Proust, je me suis demandé pendant tout le film...Ah ah ah l'alibi culturel à 2 balles!), et l'ado complètement attardé et muet qui lit...Nietzsche (Stop! Arrêtez!). Une boursouflure infâme de mise en scène cloturée par le lamentable et convenu moralisme américain (one for the money and two for the show) dont on se doutait bien qu'il allait triompher. Un grand moment de trivialité même pas sauvé par rien. Fuyez.

Indigènes
Quatre pioupious libèrent l'Alsace. Je continue?
Le pellicule est bourrée de bons sentiments et les personnages sont désespérants de simplisme, menés par une mise en scène du niveau d'une première année d'école de cinéma.
Mais le plus grave, c'est encore la dimension politique qui relève d'une supercherie et d'un mensonge monstrueux. Ainsi, je suis édifié de constater que les indigènes de l'armée française et qui crient Vive la france, c'est mon pays, je l'aime (sic!)tout le long du film, l'aient été de leur plein gré. Que pas un n'ait ici été séparé des siens et embarqué à coups de pieds dans le cul dans une galère dont il ne saisissait ni les tenants ni les aboutissants, et dont pour tout dire il n'avait absolument rien à foutre.
De la mystification à ce niveau, fallait oser.
Le film qui aura fait vaciller Chirac. C'est ça.

Posté par arslan à 11:43 - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

    Cette classe, quand même.

    *Pris dans mes affaires*.
    Il y a un coté toujours suranné à te lire, hein.

    On dirait que tu rentres de 48h passées au champ de courses.
    Ou que tu as passé 48h entre les jambes d'une belle pouliche, aussi.

    (évidemment, Borat, évidemment, pour le N°3)

    Posté par charitixx, 17 janvier 2007 à 16:35
  • *Je ne parlerai qu'en présence de mon avocat. Et c'ets même pas sûr*

    Ben ouais. Borat. Les autres aussi relèvent de l'évidence pour ce qui me concerne. Mais tu vas voir que les fans vont bientôt se signaler...

    Posté par cassandre, 17 janvier 2007 à 17:04
  • Sans oublier...

    Borat et Indigènes, pas vu, pas prise.

    LMS, arf... Proust, parce que ce qui est français est forcément un peu gay pour un bourin américain...

    Posté par Julie, 17 janvier 2007 à 22:12
  • Ah oui sans oublier le code da vinci qui mérite même pas des majuscules. Je sais c'était également prévisible. Mais quand même. C'est carrément de l'escroquerie. Heureusement que je n'ai fait que le louer.

    Posté par Julie, 17 janvier 2007 à 22:14
  • Da vinci code. Je l'ai lu. Je me suis jurée de ne plus jamais tomber dans le panneau de la surmédiatisation d'un bouquin. Même si 300 000 péquins s'y précipitent (et surtout), même si tous les médias l'encensent, louangent à tour de rotatives et de matraquage télévisé: non, non, non.

    Posté par Chris, 20 janvier 2007 à 08:30
  • Merci à la petite Miss Sunshine (que je ne croiserais de toutes les façons jamais) d'avoir permis le trait de description du bo-bo. J'ai adoré... (la description hein!)...
    En même temps j'ai eu un frisson dans le dos à l'évocation de la discothèque. Brrr...

    Posté par Hémisphère M, 20 janvier 2007 à 16:23
  • Répondeur

    Y'a beaucoup de films évités, Jou, franchement, de justesse ou inconsciemment. Et plus heureusement que malheureusement j'aurais tendrance à dire.

    Chris: J'ai pas assez d'une vie pour lire le génie du monde et tu voudrais que je me lance dans la conquête de ces sommets désespérants? Pffuuu!

    Hémi! (Dans mes bras mon hémie!)
    Ah? Et pourtant j'ai bien envie de creuser le bo-bo. Ca vient tout seul et j'ai aucun effort à faire. Bon, ptet pour la prochaine fois une bonne tartine.
    (P.S: T'as mon damien Rice? Grr! )

    Posté par cassandre, 21 janvier 2007 à 19:42

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